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vendredi 25 mars 2011

L'accès aux données complètes

En cette période d'actualité autour de la centrale nucléaire de Fukushima et de l'étendue de l'impact de cette catastrophe, le CVF, attaché à l'accessibilité des données complètes, soutient la Criirad dans ses demandes pour obtenir l'intégralité des données relatives à la contamination.

Communiqué de la Criirad du 23 mars 2011 "Colère et indignation volet 1" : http://www.criirad.org/actualites/dossier2011/japon/11_03_23_Volet1der.pdf

Communiqué de la Criirad du 25 mars 2011 " Colère et indignation volet 2" : http://94.23.16.204/criirad_telechargement_pdf/11_03_25_doe_ctbto.pdf

Pétition lancée par la Criirad : http://www.mesopinions.com/CRIIRAD---NUCLEAIRE-Transparence-sur-la-radioactivite-de-l-air-pour-la-protection-des-citoyens-petition-petitions-e2e2c28ecea30184d43cf9ae26dd3de8.html

Site de la Criirad : http://www.criirad.org/

dimanche 2 janvier 2011

Adoption de l'Agenda 21


L’Agenda 21 de Vincennes a été adopté courant décembre par le Conseil Municipal.
Cet Agenda 21 dont l’élaboration a débuté en avril 2009 est le fruit d’un travail de concertation entre les Vincennois, les élus, les services municipaux, sur les termes d’un engagement de la ville de Vincennes pour un développement durable. Vincennes est la première ville du Val de Marne a se doter de cet outil.

Le CVF s’est largement exprimé, au sein des instances de concertation, en tant que citoyen lors des forums 21, mais également en tant qu’expert dans les réunions de Comité afin de porter au mieux les considérations de santé environnementale.

Cet Agenda 21, qui sera édité durant le premier trimestre 2011, s’organise autour de 5 axes :

- Le bâti :
Concerne la construction et la réhabilitation durable des opérations publiques, l’adaptation des logements privés, sociaux, anciens ou dégradés, l’adaptation de l’offre de logement et la diversité des locaux commerciaux…

- La nature et les espaces collectifs :
Les mobilités douces, les transports en communs, la trame verte, les espaces non bâtis…

- La solidarité et l’économie :
La solidarité sociale, intergénérationnelle, l’économie sociale et solidaire, le tissu économique vincennois, le sport et le tourisme, la coopération décentralisée…

- La santé et l’environnement :
A l’intérieur des bâtiments et dans l’espace public, la lutte contre les pollutions et les nuisances, l’amélioration des connaissances…

- Les pratiques et contraintes de chacun, et l’engagement de tous :
La sensibilisation, les déchets, la participation de tous…

Le CVF se félicite de voir la question de santé environnementale mise ainsi en exergue comme axe structurant du développement de la ville.

jeudi 30 décembre 2010

Comrisk, pour l'implication des populations


Le CVF a participé le 7 décembre dernier à la journée technique organisée par l’ADEME en collaboration avec l'INERIS et l'IRSN dans le cadre de Comrisk.

Comrisk a pour vocation de guider l’organisation de l’interaction avec les populations dans l’évaluation et la gestion des sites pollués.

Le constat étant que dans le cadre de sites pollués, mais également pour d'autres questions locales de risques liés à l'environnement : décharges, installations classées… les interactions avec les populations dès l’évaluation puis dans la gestion sont le plus souvent incontournables pour une gestion plus complète et durable.

La journée s’est articulée autour de la restitution des travaux et présentation du guide et des outils résultant de l’étude Comrisk, avec, également une approche sociologique sur la création de la concertation, puis, de présentations de retours diversifiés d’expériences.

Le CVF avait été auditionné sur ce thème lors de la phase d’étude Comrisk, en tant que partie prenante dans le cas de l’alerte sanitaire « Kodak-Vincennes » et avait intégré le comité de suivi de Comrisk. Lors de la journée technique du 7 décembre le CVF a présenté son retour d’expérience.

mercredi 8 décembre 2010

Journée d'information sur les pesticides à l'Anses



Le Collectif Vigilance Franklin a été invité à assister le vendredi 3 décembre, à la journée d’information organisée par l’Anses sur le thème des pesticides.

L’Anses, est l’Agence nationale chargée de la sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, résultant de la fusion des agences Afssa et Afsset

Cette journée d'information et de rencontre était organisée autour des présentations sur les aspects suivants :

- Les grands enjeux et perspectives en matière de phytosanitaires
- Les processus d’évaluation avant le mise sur le marché : méthodes et évolution de la réglementation. Impacts environnementaux. Santé des travailleurs.
- Evaluation des risques pour les abeilles
- Dispositifs de surveillance dans l’alimentation et l’eau de consommation.

Ces présentations ont laissé la place, tout au long de la journée, à des temps d’échange avec les associations et syndicat présents, permettant d’aborder, entre autre, la question de l’évaluation de l’impact des cocktails de substances dans l’alimentation.

jeudi 16 septembre 2010

Colloque sur les Perturbateurs Endocriniens


Le CVF, membre du Réseau Environnement Santé (RES) a assisté mardi 14 septembre au colloque organisé à l'Assemblée Nationale sur le sujet "Perturbateurs Endocriniens. Changement de paradigme dans l'évaluation des risques sanitaires et environnementaux" par le Réseau Environnement Santé à l’invitation des députés M. Gérard Bapt et Mme Bérengère Poletti, et avec le soutien du programme REPERE du Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la Mer.

Un perturbateur endocrinien est une substance naturelle ou de synthèse, qui, à travers une exposition environnementale ou une exposition inappropriée durant le développement, altère le système hormonal et le système homeostatique qui permettent à l’organisme de communiquer et de répondre à son environnement.


Ce colloque de grande qualité, a permis de faire le point sur l'état actuel des connaissances scientifiques à travers les differents mécanismes dans lesquels interfèrent ces perturbateurs, leur impact sanitaire, leur impact environnemental mais également les méthodes d'évaluation adaptées à ce type de polluants et le nécessaire changement d'approche toxicologique :

- périodes critiques d'exposition ( et notamment sur la période fœtale ou périnatale)
- exposition prolongée à faible dose
- effets cocktail entre les differentes substances
- effets transgénérationnels

Les perturbateurs endocriniens synthétiques (Bisphenol A, phtalates, pesticides organochlorés comme le chlordécone, distilbène, PCB,...), par leur capacité de mimétisme avec les hormones naturelles de l'organisme, induisent ou sont suspectées d'induire des désordres nombreux par imitation des hormones naturelles, blocage de l’action des hormones naturelles ou perturbation de la régulation métabolique. Les observations sur la faune sauvage dans un premier temps notamment par la baisse de la fertilité masculine ou les malformations génitales ( ours polaires hermaphrodites, altération du système reproducteur des alligators de Floride, poissons féminisés en aval de stations d‘épuration en Grande Bretagne,…) faites ces dernières années mais également les effets démontrés chez l’humain avec des substances comme le distilbène, le PCB ou le DDT, enjoignent à une reconsidération de l‘approche de l’évaluation de la toxicité de ce type de pollution. Lorsque l'on constate la recrudescence constante depuis une trentaine d'années des pathologies chroniques ( infertilité, malformations génitales, cancers hormonodépendants, maladies métaboliques comme le diabète de type II ou l‘obésité,...) dans le même temps où l'on comprend de mieux en mieux l'importance de l'environnement sur ces mécanismes, ces enjeux majeurs de santé publique intéressent l'ensemble de la société.

Programme du Colloque avec un rapide résumé des présentations : http://www.reseau-environnement-sante.fr/images/PDF/PE/presentation140910.pdf

Plaquette d’information sur les cocktails chimiques réalisée par HEAL,WWF et CHEM TRUST : http://www.reseau-environnement-sante.fr/images/PDF/PE/cocktailschimiques.pdf

Article AFP sur le colloque : http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5js1BjgWf2oTgb-yphgVQKFIQE4ZA

samedi 26 juin 2010

Citychlor, vers un guide méthodologique.


Le Collectif Vigilance Franklin (CVF) a participé le 24 juin, à l’atelier français du projet européen Citychlor. Cet atelier, organisé conjointement par l’ADEME ( Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie) et l’INERIS ( l'Institut National de l'Environnement Industriel et des RISques ) sur la thématique « Contamination de sites par des solvants chlorés en milieu urbain : vers un mode de gestion intégré » a été l’occasion pour le CVF de témoigner de son retour d’expérience.

La problématique des pollutions aux solvants chlorés est complexe de par la nature même de ces polluants qui ont une faible biodégradabilité, et dont la dégradation partielle, peut, selon les cas, former des composés toxiques plus mobiles.

L'objectif du projet européen CityChlor est de développer une approche intégrée de la gestion des sites pollués par des solvants chlorés en milieu urbain, et d’établir un guide méthodologique européen des bonnes pratiques face à ce type de contamination.

Dressant l’état des lieux, tant sous l’aspect des solutions techniques en milieu urbain, des responsabilités juridiques, des financements, que de l’aspect de la communication à mettre en œuvre autour de cette problématique, cette journée fut l’occasion, pour chacun des acteurs concernés, d’exprimer ses remarques et attentes pour progresser vers une démarche intégrée.

http://www.citychlor.eu/

lundi 29 juin 2009

Informations Générales

Le Collectif Vigilance Franklin, ayant pour vocation de s’intéresser de près aux questions du lien entre l‘environnement et la santé, a rejoint ces derniers mois, le Reseau Environnement Santé.

Ce réseau regroupe des ONG, des scientifiques mais également des particuliers autour des préoccupations de santé environnementale… Le Réseau Environnement Santé (RES) a débuté depuis début mars de cette année, une campagne visant à informer d’une part, et obtenir l’interdiction d’autre part, du Bisphenol A dans les plastiques alimentaires.

En savoir plus sur le RES : http://www.reseau-environnement-sante.fr/la-vie-du-reseau/l-appel.html

En savoir plus sur le Bisphenol A : http://www.reseau-environnement-sante.fr/dossier-par-themes/bpa.html

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S’agissant de la pollution de l’ancien site Kodak à Vincennes, nous sommes à ce jour , toujours en attente des premiers résultats de la nouvelle surveillance mise en œuvre par arreté préfectoral, sachant que les premiers prélèvements devaient avoir lieu en janvier…

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Nous saluons la ville de Vincennes, pour sa candidature à compter parmi les villes pilotes pour mener l’expérimentation d’antennes de téléphonie mobile « bridées » à 0,6 Volt/metre proposée lors du Grenelle des ondes, dont la première phase a pris fin en mai.
Notre ville, comme tout le territoire français, étant à ce jour, exposée à des seuils de 41 V/m pour les antennes 900 Mhz, 58 V/m pour les antennes 1800 Mhz et 61 V/m pour les antennes 3G.

Pour trouver les implantations existantes dans votre ville : http://www.cartoradio.fr/netenmap.php?cmd=zoomfull

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Notre commune de Vincennes a lancé récemment un Agenda 21, qui, nous l’espérons, obtiendra une forte mobilisation de la part de la population Vincennoise. Nous notons toutefois, qu’à ce jour, ne figure pas encore, dans la proposition initiale des thèmes abordés, de volet s’appliquant aux voies de développement sous l’angle environnement/santé.

En savoir plus sur l’Agenda 21 à Vincennes : http://www.mairie-vincennes.fr/index.php?ID=1036916

mercredi 18 février 2009

Hommage à Henri Pézerat

Henri Pézerat est décédé ce lundi 16 février.

Nous sommes très affectés par sa disparition. Cet éminent toxicologue, qui a toujours été présent à nos côtés depuis toutes ces années était devenu un ami. Nous souhaitons par ces quelques mots, lui rendre hommage et le remercier. Le remercier de tout ce temps qu'il nous a offert, de l'aide précieuse qu'il nous a apporté, de ces riches enseignements qu'il nous a fait partager. Merci.

Nos pensées vont bien sûr à sa famille, et nous lui témoignons notre amitié.

mercredi 5 mars 2008

Colloque au Sénat

Le Collectif Vigilance Franklin participe au Colloque organisé par MARIE-CHRISTINE BLANDIN, SENATRICE DU NORD et la FONDATION SCIENCES CITOYENNES, sur le thème :

Lanceurs d'alerte et système d'expertise :
vers une législation exemplaire en 2008 ?

Le jeudi 27 Mars
de 9 h à 18 h

Palais du Luxembourg
- salle Clemenceau -
15 rue de Vaugirard, 75006. Paris
Pour assister à ce Colloque, il vous faut être préalablement inscrit. Vous retrouverez dans le document suivant le programme du Colloque, ainsi que les modalités nécéssaires.

lundi 21 janvier 2008

Le Collectif Vigilance Franklin, lanceur d'alerte

Petition en ligne à signer à l'adresse suivante (ou à signer en version papier ) :


Plus d'information sur la Fondation Sciences Citoyennes : http://sciencescitoyennes.org/

PETITION

En 1999, suite à l'apparition de cancers infantiles rares sur l'ex-site de l’usine Kodak à Vincennes, des alertes sanitaires successives sont lancées sans succès par la directrice de l'Ecole maternelle Franklin Roosevelt auprès de sa hiérarchie, puis par le toxicologue Henri Pezerat (CNRS) auprès des autorités. Une enquête succincte conclut que seul le hasard est en cause.

C’est en 2001 face au recensement dans l’école d’un nouveau cas de cancer d’enfant que les habitants du quartier regroupés au sein du Collectif Vigilance Franklin (CVF) se sont mobilisés. Ce mouvement citoyen d’alerte regroupant plus de trois cents familles et soutenu scientifiquement par Henri Pezerat est rendu public par les médias. Le Préfet met en place un comité de suivi, incluant le CVF, et un comité scientifique. Les études environnementales, menées par Kodak, ont montré une pollution importante des terres et de la nappe phréatique notamment par des composés chlorés, dont certains sont cancérogènes.

Aujourd’hui, aucune mesure de dépollution du site n'a été entreprise et le CVF, cosignataire d'un tract en juin 2006 avec des représentants d'agents du Ministère des Finances (dont 600 devaient emménager sur ce site) est traîné en justice pour diffamation par le Maire de Vincennes. Ce tract mettait en cause, la Préfecture et la Mairie sur leurs refus de prendre leurs responsabilités quant à la nécessaire dépollution du site.

Nous, signataires de cette pétition, exprimons notre soutien à Véronique Lapides, présidente du Collectif Vigilance Franklin mise en examen dans la procédure que lui impose le Maire de Vincennes.
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POURQUOI CETTE PETITION

Le contexte de l'alerte :

Sur les 5 hectares où l’usine Kodak a fonctionné de 1906 à 1986 à Vincennes, ont été construits en 1990, sans recherche préalable sur l’état du terrain, des immeubles d’habitations, des bureaux et locaux municipaux dont l’école maternelle Franklin Roosevelt.

En 1999, suite à l’apparition d’un troisième cas de cancer d’enfant remarqué dans l’école maternelle, des alertes sanitaires successives sont lancées : sans succès, par la directrice auprès de sa hiérarchie, puis par le toxicologue Henri Pezerat (CNRS) auprès des autorités. Une enquête succincte est faite qui conclut rapidement que seul le hasard est en cause.

C’est en 2001 face au recensement dans l’école d’un quatrième cas de cancer d’enfant que les habitants du quartier regroupés au sein du Collectif Vigilance Franklin (CVF) se sont mobilisés avec détermination. Ce mouvement citoyen d’alerte regroupant plus de trois cents familles et soutenu scientifiquement par Henri Pezerat est rendu public par les médias.

Cette alerte est entendue : le Préfet met en place un comité de suivi pour évaluer la situation, incluant le CVF, et un comité scientifique, piloté par l’Institut de Veille Sanitaire (InVS).

Les études :

Les études environnementales, menées par Kodak, ont montré une pollution importante des terres, de la nappe phréatique notamment par des composés chlorés, dont certains sont cancérogènes, ainsi que des transferts gazeux vers l’air ambiant dans un parking profond de bureaux (la nappe était encore haute en 2002 et s’infiltrait dans les fosses des ascenseurs).

L’étude épidémiologique, faite par le comité scientifique, a recensé entre 1995 et 2001, 6 cas de cancers d’enfants de moins de 6 ans (ayant ou non fréquenté l’école mais ayant habité sur l’ex-site Kodak ou principalement à sa périphérie) l'excès de cas est confirmé. Puis ultérieurement en 2003, le cas d’un enfant, plus âgé, ayant une tumeur intracrânienne.

Le CVF a pu émettre des avis tout au long de l’enquête et relever de nombreuses incohérences dans la démarche et les hypothèses retenues : pas d’études menées sur les lieux de vie des enfants atteints et sur les risques spécifiques de la femme enceinte, peu de substances Kodak étudiées (par manque de temps, d’étalon, de données toxicologiques) dilution par artifices statistiques de l’excès de risque dans l’étude épidémiologique… A son sujet, le comité scientifique dira dans le BEH* de l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) n°7-8 de février 2007 : « les représentants du CVF ont eu un impact réel sur le contenu des études. Un processus d’acculturation mutuel entre citoyens et experts s’est lentement opéré »

Mais bien que les prélèvements divers aient montré la dangerosité de la nappe aucune dépollution du site n’a été demandée par les autorités, alors que pour une pollution semblable sur un site beaucoup moins urbanisé, à Sevran, Kodak a engagé, en 2003, une dépollution de sa friche.

En 2003, le résultat de Etude Détaillée des Risques (une première sur site construit) s’est borné à un seul constat : il n’y a pas actuellement de risque environnemental avéré et spécifique sur le site urbain concerné. A la demande du comité scientifique, une surveillance du site, de trois ans, prescrite par arrêté préfectoral, est imposé à la Société Kodak (juin 2004-mars 2007). L’objectif du suivi environnemental, recommandé par le comité scientifique, était de s’assurer que les agents toxiques actuellement présents dans les milieux souterrains ne migrent pas dans les lieux fréquentés par les habitants du quartier Sud de Vincennes. Cet objectif incluait également le contrôle de quelques résultats de mesures incertains sur lesquels avait été fondée l’Etude Quantitative des Risques Sanitaires.

Mais cette surveillance n’apparaît pas comme une garantie suffisante d’alerte car elle semble être traitée comme une opération de routine, sans tierce expertise et sans concertation entre les parties prenantes, le comité de suivi et scientifique ayant été dissous en 2003. Le CVF, toujours vigilant, a alerté les autorités de la non-application de certains articles de l’arrêté préfectoral du fait de travaux effectués sur des zones stratégiques en sous-sol : certains prélèvements d’air et d’eau de la nappe, en vue d’analyses, n’ont pas pu être effectués. Mais avant tout cette surveillance n’a pas été en mesure de répondre aux objectifs visés lors de sa mise en place.

Cette nappe polluée, dont le niveau a baissé depuis 2001 et qui peut remonter avec la fréquence des pluies, est incontrôlable, difficile à cerner : les transferts gazeux de cette nappe vers les lieux de vie ne sont pas connus dans la zone construite. Il est impossible d’exclure que les personnes qui habitent, travaillent, vont à l’école sur cette zone n’ont pu ou ne pourront être exposées à des polluants cancérogènes à plus ou moins long terme. Le principe de précaution aurait impliqué une dépollution de la nappe impactée, demande récurrente du CVF.

La plainte :

C’est dans ce contexte en juin 2006, que les syndicats et membres du CHSCT du Ministère des Finances (MINEFI) devant emménager dans des locaux situés sur l’ancien site Kodak, ont demandé au CVF et à Henri Pezerat de participer en qualité d’expert à une réunion du CHSS « C » concernant ce projet. Plus de 1100 agents et les organisations syndicales s’opposaient à une délocalisation de leurs bureaux sur ce site reconnu comme pollué et demandaient sa dépollution avant leur transfert. Au préalable à cette réunion, le CVF a cosigné un tract avec des représentants de ces agents, dont 600 devaient emménager sur ce site. Nous mettions en cause, la Préfecture et la Mairie sur leurs refus de prendre leurs responsabilités quant à la nécessaire dépollution du site. Pour sa part, le Maire de Vincennes, s’estimant diffamé, a choisi de porter l’affaire devant les tribunaux. En tant que présidente du CVF, Véronique Lapides, se retrouve mise en examen.

Le Ministère des Finances a finalement renoncé à s’installer sur ce site. La pression des agents de ce Ministère et la simple application du principe de précaution ne sont certainement pas étrangers à cette décision. Ils ont déménagé, par la suite, à Montreuil.

Conclusion :

Les autorités ont traité l’alerte en 2001 sous une pression citoyenne et médiatique mais une fois la crise sociale gérée, le problème de cette pollution est resté entier. Si lors de la vente de Kodak, un diagnostique (sols et eaux de la nappe) avait été fait, il est peu probable que les autorités aient laissé installer une école maternelle, des habitations et des bureaux sur cet emplacement. Pourquoi devoir subir les négligences du passé ?

Par ailleurs, le CVF agit pour que son histoire ait valeur d’exemple et ne se reproduise pas :

- En demandant une poursuite accrue des recherches dans le domaine santé-environnement afin de faire progresser les connaissances en regroupant les dossiers afin de faire valoir le lien qui existe entre regroupement de cas de cancers et pollution environnementale – Audition InVS groupe de travail n°3 sept 2007- demande présentée lors du Grenelle de l’environnement (participation à la journée Ile de France à Drancy 17 octobre 2007, groupe de travail n°3)

- Mais également dans la demande d’une véritable implication des populations dans la gestion des risques sanitaires liés aux sites et sols pollués, dans la recherche de garanties concernant l’indépendance des études par rapport à l’industriel et à toutes pressions extérieures : économique ou politique. cf/article du CVF dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) de l’InVS n°7-8 du 27 février 2007. Et auditions par les CIRE d’Ile de France 2005 et l’InVS groupe de travail n°3 sept 2007.

Le CVF, en tant que mouvement citoyen d’alerte sanitaire pour l’intérêt général, est intervenu au colloque de la Fondation « Sciences Citoyennes » sur la protection du lanceur l’alerte en mars 2003 à Jussieu, montrant à travers son exemple le besoin urgent de protéger ce genre d’action. Le livre « ALERTES SANTE, experts et citoyens face aux intérêts privés » édition Fayard 2005, d’André Cicolella et Dorothée Benoit Browaeys, a fait suite au colloque, un chapitre étant consacré à l’alerte citoyenne lancée par le CVF.

Des livres de référence :

- André Cicolella (chercheur en santé environnementale, spécialiste de l’évaluation des risques dans un établissement de recherche publique), et Dorothée Benoit Browaeys, ont écrit « ALERTES SANTE, experts et citoyens face aux intérêts privés » édition Fayard, sortie en 2005. Les auteurs ont consacré un chapitre à l’alerte citoyenne lancée par le CVF sur l’affaire Kodak/Vincennes.

- Frédéric Ogé (chercheur au CNRS et concepteur de la méthode d’inventaire des sites potentiellement pollués) et Pierre Simon, ont écrit un livre/guide « Sites pollués en France » enquête sur un scandale sanitaire, édition Librio 2004 : « Le constat est sévère : la France compte 300 000 sites potentiellement pollués. Combien d’écoles, de foyers, de lieux publics sont encore construits sur des sites contaminés ? » en exemple : Kodak/Vincennes en Ile-de-France.

- Geneviève Barbier (médecin) dans son livre « la société cancérogène » lutte-t-on vraiment contre le cancer ?» édition de la Martinière, sortie en avril 2004.

* BEH : Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire de l’InVS, consultable sur leur site.