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mercredi 28 septembre 2011

Vers la fin du Bisphenol A ?



Depuis son lancement il y a 3 ans, le Réseau Environnement-Santé tirait le signal d'alarme sur le changement de paradigme nécessaire s'agissant de l‘approche dans l’évaluation de la toxicité des perturbateurs endocriniens, et notamment du Bisphenol A.

Hier, mardi 27 septembre 2011, l'Agence de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) a rendu public deux rapports sur le Bisphenol A (BPA) dont il ressort qu'outre son usage dans de nombreux plastiques, le BPA entraîne des effets sanitaires avérés chez l'animal et suspectés chez l'homme, même à très faible dose et ceci plus particulièrement lors de certaines périodes de la vie correspondant à des périodes de susceptibilité aux effets du Bisphénol A.

L'objectif qualifié de prioritaire par l'Anses, est de "réduire les expositions au Bisphénol A des populations les plus sensibles, c'est-à-dire les femmes enceintes ou allaitantes, les nourrissons ainsi que les enfants en bas âge".

La voie principale d'exposition des populations passe par certains plastiques en contact avec les denrées alimentaires (certains plastiques alimentaires, revêtement intérieur de canettes, boites de conserve,...). Il s'agit donc de supprimer le BPA des matériaux qui en font usage(prioritairement pour les produits usités par les populations les plus sensibles au BPA : matériaux au contact des denrées alimentaires, jouets, articles de puériculture notamment) en recourant éventuellement à des substances de substitution ayant apportées la preuve de leur innocuité.

A côté de cet objectif de réduction des expositions, l'Anses a réitéré sa recommandation de 2010 d'une indication claire pour le public de la présence de BPA par un étiquetage systématique des ustensiles ménagers en contact avec les aliments.

Reste à présent à attendre que ces recommandations soient suivies d'effet...

Mise à jour au 12 octobre 2011 : Interview d'André Cicolella, porte-parole du RES sur le bisphenol A :






L'Assemblée Nationale a adopté ce jour, 12 octobre 2011, une proposition de loi visant à "la suspension de la fabrication, de l'importation, de l'exportation et de la mise sur le marché de tout conditionnement à vocation alimentaire contenant du bisphénol A" prévue, si elle est entérinée en l'état par le Senat, pour entrer en vigueur au 1er janvier 2014, et dès 2013 pour les contenants alimentaires destinés spécifiquement aux enfants de moins de 3 ans.

vendredi 1 juillet 2011

L'étude nationale de surveillance des expositions alimentaires aux substances chimiques.


Le CVF s’est rendu le mercredi 29 juin, à l’invitation de l’Anses pour la restitution des travaux de l’étude nationale de surveillance des expositions alimentaires aux substances chimiques menée de 2006 à 2010 (1)

Environ 20 000 produits alimentaires ont été achetés, préparés, et analysés pour y rechercher la présence de 445 substances ( dont 283 substances actives liées aux pesticides, des métaux lourds, des contaminants issus des activités humaines, phyto-estrogènes, quelques additifs, mais également 12 mineraux…)


Les résultats de cette vaste étude montrent que certains efforts réalisés notamment par des restrictions ou interdictions réglementaires commencent à porter leurs fruits, puisqu’on note des évolutions positives par rapport à une étude précédente (EAT1, 2001-2005), pour des substances comme le plomb, les PCB ou les dioxines. Toutefois, on les retrouve encore dans un certain nombre d‘aliments ce qui laisse à penser que les efforts sont à poursuivre, puisque le risque ne peut toujours pas être écarté à ce jour les concernant. De plus, il est à souligner une hausse des expositions, par rapport à l’Etude d’Alimentation Totale précédente, pour certaines substances comme le cadmium, l’aluminium, le chrome, et certaines mycotoxines comme le déoxynivalénol.

De plus, s’agissant de 12 substances, il existe un risque de dépassement des valeurs toxiques de référence. C’est le cas de certains composés inorganiques (cadmium, arsenic inorganique, aluminium, méthylmercure), des sulfites (additif présent notamment dans le vin), d’une mycotoxine (deoxynivalénol, et ses dérivés), de l’acrylamide (composé néoformé lors de la cuisson) et d’un pesticide (diméthoate). Cela reste également le cas pour le plomb et les PCB, malgré la baisse constatée par rapport à l’étude d’alimentation totale précédente.

Parmi les sources d’exposition à ces substances, on retrouve, soit des aliments pouvant contribuer fortement à l’exposition, soit des aliments peu contaminés mais très consommés.

Exemples :
- Les céréales et les produits qui en sont issus (cadmium, plomb, aluminium, DON et dérivés), le café (cuivre, arsenic inorganique et acrylamide) et, dans une moindre mesure, le lait chez les enfants (plomb, zinc).
- Si on retrouve de l’arsenic pour l’essentiel dans les mollusques, crustacés ou poissons, l’aliment contribuant majoritairement à l’exposition est l’eau !
- Le diméthoate, substance pesticide, n’a été retrouvé dans aucun des échantillons analysés à 99,75%, et pour autant, présente un risque de dépassement de valeur toxique de référence pour les gros consommateurs de cerises.

Parmi les aliments forts contributeurs d’exposition à certains polluants, on note les poissons gras contaminés en dioxines et PCB, ou le thon, contaminé en Méthylmercure. L’Anses avait déjà émis des recommandations quant à la consommation des poissons gras, notamment pour les femmes enceintes ou en age de procréer qui demeurent actuelles(2)

Il apparaît donc, au vu de cette étude, que nos assiettes restent loin d’être parfaites. Ceci est d’autant plus vrai que cette photographie de notre alimentation n’a pas pris en compte les perturbateurs endocriniens comme le bisphenol A par exemple, ni n’éclaire sur l’effet cocktail que ces multiples substances une fois ingérées sont éventuellement susceptibles d’engendrer.

S’agissant des substances apparues comme présentant un risque de dépassement des valeurs toxicologiques de référence, cela doit passer par des mesures de gestion, au niveau réglementaire d’une part, ainsi que par des actions au niveau des différentes filières d’autre part.

Dans cette attente, il nous reste, à nous consommateurs, de veiller à varier et diversifier notre alimentation.


(1)http://www.anses.fr/PMEC007901.htm
(2)http://www.anses.fr/PNCC01.htm

lundi 21 mars 2011

Mise à jour aspartame, mars 2011

L’Anses (Agence Nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail), suite à l’examen des 2 études précédemment présentées, estime qu’il n’y a pas lieu de réévaluer l’aspartame sur le plan toxicologique. Toutefois, nous notons qu' elle a annoncé le 15 mars dernier que « ces questions s’inscrivent dans le cadre d’interrogations récurrentes relatives à l’intérêt des usages ainsi que de la caractérisation des bénéfices et des risques nutritionnels des édulcorants autorisés. Dans ce contexte, l’Anses mettra en place prochainement un groupe de travail chargé d’évaluer les bénéfices et les risques nutritionnels des édulcorants et la nécessité éventuelle d’élaboration de recommandations pour les populations les plus concernées. »

L’évaluation bénéfices/risques nutritionnels portera donc plus largement, au delà de l'aspartame, sur les édulcorants intenses, et l’éventualité d’élaborer des recommandations envers des populations sensibles (possiblement femmes enceintes) qui pourraient être identifiées durant ce travail.

mardi 25 janvier 2011

Aspartame suite



Le CVF s’est rendu à la conférence sur le sujet de la nécessité de réévaluer l’aspartame, organisée par le RES vendredi 21 janvier à la Faculté de Médecine à Paris à l’occasion du passage à Paris du Dr Morando Soffritti.

Le Dr Morando Soffritti, directeur scientifique de l’Institut Ramazzini de Bologne a présenté un bilan des différentes études menées à l’Institut sur l’aspartame. L’Institut Ramazzini est un institut de recherche en cancerologie environnementale conduisant des études toxicologiques depuis près de 50 ans, et à l’origine de la découverte de substances cancérogènes comme le chlorure de vinyle ou le formaldehyde.

L’aspartame, édulcorant intense de synthèse, est présent dans plus de 6 000 produits de consommation courante, de la boisson light, en passant par certains yaourts allégés, les chewing-gums, ainsi que dans bon nombre de médicaments.

La dose journalière admissible, est actuellement en France de 40 milligrammes d’aspartame par kilo de poids corporel. Or, la récente étude présentée conclue à des effets cancérogènes sur l’animal avec une exposition à l’aspartame proche de celle qu’un humain peut consommer. Les expérimentations du Dr Soffritti sur le rongeur montrent un effet lié à la quantité d’aspartame consommée, mais également une relation de l’apparition précoce de certains cancers avec une exposition pendant la vie fœtale via l’alimentation de la mère.

Cette actualité fait écho à la publication de l’étude épidémiologique danoise portant sur près de 60 000 femmes enceintes mettant en évidence l’accroissement de risque de prématurité de 38 % dès la consommation journalière d’une canette de soda à l’aspartame, et l’augmentation de prématurité 78 % avec 4 canettes ou plus.

Il est à noter qu’outre le faisceau d’indications d’un risque lié à la consommation d’aspartame, cet édulcorant n’apporte pas la preuve d’un bénéfice dans la gestion du poids, pour autant cet édulcorant est consommé régulièrement par 200 millions de personnes dans le monde.

mardi 18 janvier 2011

Point sur l'aspartame



L’aspartame, édulcorant largement utilisé dans divers produits de consommation courante (boissons dites « light », médicaments,…) génère régulièrement des doutes quant à son innocuité depuis de nombreuses années. Deux études récentes viennent alourdir encore le poids de cette suspicion. D’une part une étude épidémiologique danoise concernant une relation entre la consommation de boissons édulcorées et le risque d'accouchement prématuré, et d’autre part, une étude de l'European Foundation of Oncology and Environnemental Sciences « B Ramazzini » de Bologne sur la souris concernant un lien entre aspartame et certaines tumeurs.

L’Anses ( Agence Nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) a d’ores et déjà annoncé qu’elle allait examiner ces études dans le cadre de sa veille permanente.

Le Professeur Jean-François Narbonne (professeur de toxicologie alimentaire à l’université de Bordeaux) appelle à cesser la consommation d’aspartame, soulignant également la nécessité de faire évoluer la méthodologie des tests officiels d’homologation des produits alimentaires :

http://www.francesoir.fr/actualite/sante/pr-narbonne-%E2%80%9Carretez-consommer-l%E2%80%99aspartame%E2%80%9D-64513.html

De son côté, l’Association Internationale pour les Edulcorants rappelle que l'aspartame est d'« Une innocuité constamment réaffirmée par les autorités sanitaires depuis plus de 20 ans »

Le RES (Réseau Environnement Santé), dont le CVF est membre, organise ces jours-ci une conférence ayant pour titre « REEVALUER LES RISQUES DE L’ASPARTAME » à l’occasion du passage du Dr Morando Soffriti à Paris. Conférence à laquelle assistera le CVF. Le Dr Morando Soffriti est l’auteur avec l’équipe du Centre de Recherche sur le Cancer Ramazzini de Bologne, en décembre dernier, dans la revue de référence American Journal of Industrial Medicine, d’une 3eme publication, mettant en évidence un effet cancérogène de l’aspartame.

jeudi 2 décembre 2010

Enquête sur nos assiettes


L’association Générations Futures et le réseau européen HEAL ( Heath & Environnement Alliance ) ont mené récemment une enquête en partenariat avec le RES ( Réseau Environnement Santé ) et le WWF pour établir ce que l’on retrouve dans une journée alimentaire, non bio, type. Cette enquête s'inscrit dans la campagne Environnement et Cancer lancée par ces organisations.




Selon les aliments, ont été recherchés des résidus les plus courants, susceptibles de s’y trouver, tels :
- Dioxines/furanes
- Retardateurs de flamme bromés (PBDE)
- PCB Dioxine Like (PCB DL)
- Eléments trace toxique
- Pesticides
- Eventuels transferts de plastiques alimentaires vers les aliments (phtalates et BPA)
- Additifs problématiques indiqués dans la composition
- Sous produits de traitement de l’eau

Il s’agissait d’établir comment à l’intérieur du menu type d’un enfant d’une dizaine d’années, celui-ci peut se retrouver à ingérer un cocktail de polluants multiples. Dans la plupart des cas, les limites légales par substance dans un seul produit, sont respectées. En revanche, la réalité de l'exposition des consommateurs aux contaminants possiblement cancérigènes et/ou perturbateurs endocriniens n’est pas celle d’ingérer un unique produit, mais bien plusieurs produits au cours d’une journée. Or, la synergie possible de ces contaminants en cocktail, n'est pas prise en compte dans l'évaluation des risques.

Pour rappel, le Collectif Vigilance Franklin est membre du RES.

Cette étude, rendue publique hier, 1er décembre, peut-être consultée sous forme de synthèse sur le site suivant : http://www.menustoxiques.fr/

Ou en format pdf : http://www.mdrgf.org/menustoxiques/pdf/Rapport_assiette_toxique_281110.pdf

Ici, un article du site Le Point.fr sur le sujet : http://www.lepoint.fr/societe/alerte-dans-l-assiette-des-enfants-01-12-2010-1269352_23.php